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Activateur d'emploi

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Archive for août 1st, 2011

Les seniors sont-ils réellement discriminés ?

A priori, au vu des différents éléments nous disposons, nous pouvons affirmer que oui sans peur de se tromper. Mais est-si sûr ? Il me paraît légitime de poser la question.

Tout d’abord, force est de constater qu’il n’y a pas suffisamment d’emplois pour tout le monde. Voici un premier point qui nous oblige à réfléchir sur le bien-fondé de telle ou telle discrimination. Puisqu’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde on ne peut embaucher tous les demandeurs d’emploi. CQFD.

En second lieu, et par conséquent, si l’on ne peut donner du travail à tous et à chacun, il faut bien faire un choix. Lorsque vous avez un poste à fournir vous n’en avez pas cinq mille. Vous faites donc quatre mille neuf-cent quatre-vingt-dix-neuf frustrés. De là à ce que ceux-ci se sentent victimes de discrimination il n’y a qu’un pas. Un pas qu’ils franchissent très vite.

Quand bien même vous n’avez plus le choix qu’entre cinq candidats vous n’avez toujours qu’un emploi à « distribuer ». Vous ferez quatre frustrés pour un satisfait. Ces quatre frustrés, si vous n’y prenez garde, vous traiteront très facilement de sexiste ou d’anti-seniors, ou les deux, Le plus souvent à tort, surtout si vous avez embauché un senior voire une « seniore ». Le problème est qu’ils l’ignorent.

Et voici, mesdames et messieurs, le grain de sable qui grippe la machine, l’aile de papillon qui déclenche le cataclysme : l’incorrection de la grande majorité des recruteurs et la déshumanisation du processus de recrutement.

Car tout vient de là. Un demandeur d’emploi est un être humain et en tant que tel il s’attend légitimement à avoir des rapports humains avec le recruteur. Seulement voilà, depuis une trentaine d’années, le monde du recrutement a changé. Tout d’abord ce sont les technocrates qui ont pris le pouvoir, ensuite ce sont les financiers, et enfin les très fameux progiciels de recrutement. Les premiers voulaient améliorer la performance en créant des grilles de références et des process à n’en plus finir, les deuxièmes ne juraient que par les économies, le gain de temps, et donc d’argent, à réaliser pour faire baisser le coût de l’embauche et ainsi dégager une marge supplémentaire. Les troisièmes, conçus par l’addition des deux précédents, ont donné le coup de grâce en créant le recrutement par mots-clés et les fameuses réponses automatiques. Bienvenue au progrès. Le demandeur d’emploi se retrouvait définitivement résumé à une suite d’informations virtuelles.

Vous cherchez un emploi et répondez à une annonce ? Réponse automatique de l’ordinateur qui vous confirme la réception de votre candidature. En vous précisant benoîtement que si vous n’avez pas de réponse dans les dix jours vous pouvez aller « candidater » ailleurs. Cependant, si vous les y autorisez, la société gardera votre CV dans sa base de données afin de vous proposer un éventuel poste ultérieurement. Comme si c’était vrai !

Vous joignez votre CV en Word ou en PDF, celui-ci est scanné, analysé, disséqué par le progiciel qui cherche les mots-clés correspondant au poste proposé. Plus votre CV aura de correspondances plus aurez de chances d’obtenir un entretien. D’où l’intérêt majeur d’adapter son CV à chaque candidature.

Vous obtenez un entretien ? Voici le moment essentiel, primordial, car c’est la seule étape où vous rencontrerez un être humain, parfois même deux ou trois. Enfin, qualifier nombre de recruteurs d’êtres humains peut apparaître comme un abus de langage tant ces gens sont formatés et déshumanisés. Normal, ils font partie du « process ».

Plusieurs semaines après le fameux entretien, soit vous recevez un courrier automatique et standardisé vous informant que votre candidature n’est pas retenue mais que, si vous les y autorisez, bla, bla… Soit vous n’avez aucune nouvelle et il vous faut appeler, parfois à plusieurs reprises, pour enfin apprendre la mauvaise nouvelle.

Vous êtes junior(e) ? Vous ne vous formalisez pas outre mesure. Normal, vous êtes né(e) dans cette société où la technologie a remplacé l’Homme où l’excès de communication a tué la communication. Vous êtes senior(e) ? Vous êtes outré(e). Vous, vous êtes né(e) et avez été élevé dans une société où les gens se parlaient, se respectaient, suivaient des règles de politesse. Du coup, vous vous sentez mis(e) à l’écart, rejeté(e), vous n’avez plus votre place dans ce monde de brutes.

Mais peut-être, je dis bien peut-être, est-ce un(e) senior(e) qui a été embauché(e), auquel cas vous n’avez plus rien à objecter si ce n’est : pourquoi pas vous ?

Résultat : un certain nombre d’entreprises embauchent des seniors (j’en connais !) mais lorsqu’elles l’annoncent personne ne les croient.

Et voilà. Il suffirait de ré-humaniser ce fameux « process » de recrutement et donc d’envoyer des courriers personnalisés, de répondre poliment, de prendre le temps d’avertir les candidats refoulés, de motiver un minimum le pourquoi du refus, pour que la confiance soit rétablie et pour que nombre de seniors ne plongent ni dans la paranoïa ni dans la déprime. Cela coûterait-il cher ? Certes, le budget timbres exploserait, certes le recruteur serait un peu plus occupé mais dans ce cas il suffirait d’embaucher du renfort, cela aurait au moins le mérite de créer des emplois.

Il existe ici un certain nombre de hubs de RH. Ces derniers sont tous conscients qu’il faut faire quelque chose. L’ennui est que leur objectif commun reste… la rentabilité.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge !…

Voici, entre autres, pourquoi le Jour « J » de l’Emploi doit exister. Pour dénoncer et changer ces pratiques qui n’ont d’autre résultat que créer un malaise croissant dans notre société sans pour autant résoudre quelque problème que ce soit puisque le nombre de chômeurs de diminue pas, bien au contraire.

Philippe W. Guillaume

www.jourjdelemploi.fr
www.emploiavenir.fr

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