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Entreprises : entre frilosité et rigidité…

Ce matin, la goutte d’eau qui fait déborder le vase : ayant répondu à une annonce pour un poste d’assistante de direction, dans une entreprise d’agrobusiness, collant à mon profil et à mon expérience pas plus tard qu’hier, voici que je reçois dès ce matin la réponse : « Nous privilégions des candidats ayant une expérience dans l’agrobusiness »

Ce fut une de trop. A vue de nez, je dirais que 95 % des offres d’emploi exigent une expérience dans le secteur d’activité de l’entreprise qui recrute, du moins dans mon domaine, de façon moins systématique sur d’autres métiers.

D’abord, cela limite grandement les opportunités pour les chercheurs d’emploi de tout poil.

Ensuite, je me demande où est réellement la pertinence quand on n’est pas technicien, de ce type d’exigence. Je suis assistante de direction … et une assistante de direction, lorsqu’elle sait rédiger, elle sait rédiger n’importe quoi. Lorsqu’elle prend des notes, elle prend des notes, point. Si elle sait faire un compte-rendu, elle saura le faire quel que soit le sujet. Si elle doit orienter un client, un prospect, un partenaire, un fournisseur, elle saura le faire quel que soit le secteur d’activité de l’entreprise.

Pour toute nouvelle embauche, il y a un temps d’adaptation : pas seulement au secteur d’activité, mais aussi à la structure qui l’accueille, au fonctionnement interne, aux collaborateurs et collègues, au patron et à sa manière de travailler, à la culture d’entreprise, à l’ambiance, que sais-je ? La connaissance du secteur d’activité n’est qu’un paramètre parmi tant d’autres et comme l’embauché a normalement un cerveau (c’est quand même pour ça qu’on le recrute !), il intègre peu à peu les données : toutes les données, dans la même période d’adaptation. Il ne se dit pas : « Bon alors, je me donne 10 jours pour intégrer la structure, 20 jours pour le fonctionnement, 20 jours pour l’ambiance, plus le patron, plus la culture d’entreprise, plus le secteur d’activité » !!

Donc, hormis pour certains postes réclamant une réelle connaissance technique, cette exigence ne se justifie pas. J’ai intégré différentes entreprises dont la structure, le secteur d’activité, le fonctionnement … étaient différents. Cela ne m’a jamais posé de problème particulier.

Cette exigence en matière de secteur d’activité rejoint celle du secteur géographique. Certaines offres d’emploi le précisent et celles qui ne le font pas n’en « pensent » pas moins : il faut habiter non seulement la région, non seulement le département mais souvent aussi les environs de la ville où se situe l’entreprise, pour arriver à décrocher le poste.

D’un côté, les directives « d’en haut » qui incitent à plus de mobilité de la part des chercheurs d’emploi, de l’autre, les employeurs qui ne recrutent que les gens du coin. Il y a comme un problème !

Cette frilosité et cette rigidité de certains employeurs figent le marché de l’emploi, les font passer à côté d’expertises dont ils n’auront jamais l’occasion de bénéficier, obligent les chercheurs d’emploi à laisser certaines de leurs compétences en friche, à continuer de chercher dans leur région, parfois sinistrée, et donc à continuer de pointer à Pôle Emploi. En tout cas, on ne peut pas dire que le marché de l’emploi soit très dynamique, Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprise !

Et je ne parle même pas des discriminations en matière d’âge, d’origine, de sexe … qui ne font qu’amplifier le phénomène …

Comment des entreprises qui parlent toutes de « dynamisme », « d’ouverture », de « privilégier les talents », « d’offrir des opportunités », « d’évolution », de « rechercher avant tout des compétences », et j’en passe et des meilleures peuvent-elles oser faire ce type de réponse à des candidats qui, eux, sont assez ouverts pour rechercher le changement, ont assez de capacités d’adaptation pour envisager de changer de région, sont assez mobiles pour se rendre aux entretiens de recrutement à 300 kms de chez eux, sont assez dynamiques pour être prêts à rebondir sur n’importe quelle opportunité qui les motivera, … ??!

Quelle est la place aux compétences là-dedans ? Quelle place accordez-vous à la richesse que peut apporter une expérience différente ? Quelle valeur ajoutée ? Quelle ouverture d’esprit ? Quel dynamisme ? Quelle importance accordez-vous à la détermination d’un candidat, à sa motivation, à sa capacité d’investissement dans l’entreprise ?

J’ai lu que 70 % des Français aimeraient changer de boulot … ben c’est pas fait, avec un tel immobilisme de la part de ceux qui recrutent ! Et à faire ce qu’on a toujours fait et que l’on connaît par coeur, on finit par s’ennuyer ferme ! Bonjour la motivation tant recherchée par les recruteurs !

En matière de recrutement, la France serait-elle devenue un pays de bourrins monolithiques ?

Ah et j’oubliais les « offres d’emplois » pour les « indépendants », les « auto-entrepreneurs », les « non salariés » qui étaient auparavant destinées surtout aux commerciaux mais qui s’étendent à présent à d’autres métiers. Alors comme ça, on veut bien développer son entreprise mais on refuse d’investir ? On « recrute » des auto-entrepreneurs ?! On veut bien gagner des sous à la sueur du front de l’autre mais pas en dépenser ? Mais si c’est ça, pourquoi ne pas vous mettre vous aussi, à chercher du boulot ? … ah, c’est sûr, vous n’aurez pas de salaire mirobolant puisque le SMIC est devenu un salaire de référence pour les non-cadres.

Eh oui, le SMIC est devenu un salaire de référence. Combien de fois ai-je entendu : « c’est plus que le SMIC » (en parlant d’un salaire de 1500 ou 1600 euros par mois !) ? A ceux qui auraient envie d’évoquer la province qui paye moins cher parce que « c’est pas Paris », à ceux qui voudraient me dire : « oui, mais … les TPE/PME … » … Je leur réponds qu’à Paris, on paye au SMIC aussi, malgré le prix exorbitant du logement, et que ce ne sont pas forcément sur des postes de débutants ou de non qualifié.

D’ailleurs, à ce sujet, on arrive à quelques aberrations avec des offres d’emploi « débutant accepté » (qui justifie donc un SMIC) mais avec « expérience de 5 ans souhaitée » … et je ne vous parle même pas des compétences demandées qui font qu’il est pratiquement impossible qu’un débutant se place sur ce type de poste ! On prend vraiment les gens pour des idiots ! Et l’abus est on ne peut plus clairement exposé.

Sans compter l’appel massif à l’interim et les CDD : 98 % des créations d’emploi en 2010 sont des postes en interim … pas de quoi pavoiser sur la « reprise », non ?

Avec des emplois précaires et des compétences rémunérées au lance-pierre, comment imaginer qu’on pourra dynamiser la consommation ? le Français n’achète pas assez ? Normal : au pire, il est chômeur, au mieux, on lui demande de se transformer en mouton à 5 pattes pour un SMIC, sans qu’on lui offre la possibilité de faire des projets à long terme, et sans autre motivation que de faire ce qu’il fait depuis des années. Je caricature ? pas tant que ça.

Où est « l’aventure humaine » que certaines sociétés se plaisent à évoquer sur leur site ? Où sont les « nouveaux horizons » ?

Et qui a vraiment l’esprit d’entreprise dans cette histoire : l’entrepreneur frileux qui recrute au moindre risque ou le candidat qui est prêt à quitter famille, amis, environnement, à prendre un boulot au SMIC pour prouver sa détermination et ses compétences, à déménager à 300 ou 600 kms de chez lui, qui aborde l’inconnu avec sa curiosité, son enthousiasme et sa faculté d’adaptation, prêt à rebondir ?

Pour finir, j’ai entendu des patrons se plaindre du niveau de compétence et de motivation assez bas de ceux ou celles qu’ils recrutaient, et du turn-over que cela impliquait … eh bien, moi, j’ai envie de leur répondre, à ces patrons : logique, vu votre manière de recruter, ne venez pas vous plaindre …

Alors, avant de parler de « reprise », de projets, d’innovation, d’entreprendre, … Si on évoqueait un peu ce sujet là en profondeur ?

Valérie L.

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Conseiller et aider les créateurs d’activité et d’emploi dans leur étude marché, leur business-plan, leurs démarches administraives, leur recherche de partenariats ou de clientèle

Aider à faire connaître l’action de l’association et passer des partenariats avec des associations et des entreprises locales ou régionales afin d’aider à la reprise de l’activité

Aider à lutter contre toute discrimination à l’embaûche qu’elle soit due au handicap, au sexe, à l’origine raciale, à la religion ou à tout autre critère discriminant

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