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Les seniors sont-ils réellement discriminés ?

A priori, au vu des différents éléments nous disposons, nous pouvons affirmer que oui sans peur de se tromper. Mais est-si sûr ? Il me paraît légitime de poser la question.

Tout d’abord, force est de constater qu’il n’y a pas suffisamment d’emplois pour tout le monde. Voici un premier point qui nous oblige à réfléchir sur le bien-fondé de telle ou telle discrimination. Puisqu’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde on ne peut embaucher tous les demandeurs d’emploi. CQFD.

En second lieu, et par conséquent, si l’on ne peut donner du travail à tous et à chacun, il faut bien faire un choix. Lorsque vous avez un poste à fournir vous n’en avez pas cinq mille. Vous faites donc quatre mille neuf-cent quatre-vingt-dix-neuf frustrés. De là à ce que ceux-ci se sentent victimes de discrimination il n’y a qu’un pas. Un pas qu’ils franchissent très vite.

Quand bien même vous n’avez plus le choix qu’entre cinq candidats vous n’avez toujours qu’un emploi à « distribuer ». Vous ferez quatre frustrés pour un satisfait. Ces quatre frustrés, si vous n’y prenez garde, vous traiteront très facilement de sexiste ou d’anti-seniors, ou les deux, Le plus souvent à tort, surtout si vous avez embauché un senior voire une « seniore ». Le problème est qu’ils l’ignorent.

Et voici, mesdames et messieurs, le grain de sable qui grippe la machine, l’aile de papillon qui déclenche le cataclysme : l’incorrection de la grande majorité des recruteurs et la déshumanisation du processus de recrutement.

Car tout vient de là. Un demandeur d’emploi est un être humain et en tant que tel il s’attend légitimement à avoir des rapports humains avec le recruteur. Seulement voilà, depuis une trentaine d’années, le monde du recrutement a changé. Tout d’abord ce sont les technocrates qui ont pris le pouvoir, ensuite ce sont les financiers, et enfin les très fameux progiciels de recrutement. Les premiers voulaient améliorer la performance en créant des grilles de références et des process à n’en plus finir, les deuxièmes ne juraient que par les économies, le gain de temps, et donc d’argent, à réaliser pour faire baisser le coût de l’embauche et ainsi dégager une marge supplémentaire. Les troisièmes, conçus par l’addition des deux précédents, ont donné le coup de grâce en créant le recrutement par mots-clés et les fameuses réponses automatiques. Bienvenue au progrès. Le demandeur d’emploi se retrouvait définitivement résumé à une suite d’informations virtuelles.

Vous cherchez un emploi et répondez à une annonce ? Réponse automatique de l’ordinateur qui vous confirme la réception de votre candidature. En vous précisant benoîtement que si vous n’avez pas de réponse dans les dix jours vous pouvez aller « candidater » ailleurs. Cependant, si vous les y autorisez, la société gardera votre CV dans sa base de données afin de vous proposer un éventuel poste ultérieurement. Comme si c’était vrai !

Vous joignez votre CV en Word ou en PDF, celui-ci est scanné, analysé, disséqué par le progiciel qui cherche les mots-clés correspondant au poste proposé. Plus votre CV aura de correspondances plus aurez de chances d’obtenir un entretien. D’où l’intérêt majeur d’adapter son CV à chaque candidature.

Vous obtenez un entretien ? Voici le moment essentiel, primordial, car c’est la seule étape où vous rencontrerez un être humain, parfois même deux ou trois. Enfin, qualifier nombre de recruteurs d’êtres humains peut apparaître comme un abus de langage tant ces gens sont formatés et déshumanisés. Normal, ils font partie du « process ».

Plusieurs semaines après le fameux entretien, soit vous recevez un courrier automatique et standardisé vous informant que votre candidature n’est pas retenue mais que, si vous les y autorisez, bla, bla… Soit vous n’avez aucune nouvelle et il vous faut appeler, parfois à plusieurs reprises, pour enfin apprendre la mauvaise nouvelle.

Vous êtes junior(e) ? Vous ne vous formalisez pas outre mesure. Normal, vous êtes né(e) dans cette société où la technologie a remplacé l’Homme où l’excès de communication a tué la communication. Vous êtes senior(e) ? Vous êtes outré(e). Vous, vous êtes né(e) et avez été élevé dans une société où les gens se parlaient, se respectaient, suivaient des règles de politesse. Du coup, vous vous sentez mis(e) à l’écart, rejeté(e), vous n’avez plus votre place dans ce monde de brutes.

Mais peut-être, je dis bien peut-être, est-ce un(e) senior(e) qui a été embauché(e), auquel cas vous n’avez plus rien à objecter si ce n’est : pourquoi pas vous ?

Résultat : un certain nombre d’entreprises embauchent des seniors (j’en connais !) mais lorsqu’elles l’annoncent personne ne les croient.

Et voilà. Il suffirait de ré-humaniser ce fameux « process » de recrutement et donc d’envoyer des courriers personnalisés, de répondre poliment, de prendre le temps d’avertir les candidats refoulés, de motiver un minimum le pourquoi du refus, pour que la confiance soit rétablie et pour que nombre de seniors ne plongent ni dans la paranoïa ni dans la déprime. Cela coûterait-il cher ? Certes, le budget timbres exploserait, certes le recruteur serait un peu plus occupé mais dans ce cas il suffirait d’embaucher du renfort, cela aurait au moins le mérite de créer des emplois.

Il existe ici un certain nombre de hubs de RH. Ces derniers sont tous conscients qu’il faut faire quelque chose. L’ennui est que leur objectif commun reste… la rentabilité.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge !…

Voici, entre autres, pourquoi le Jour « J » de l’Emploi doit exister. Pour dénoncer et changer ces pratiques qui n’ont d’autre résultat que créer un malaise croissant dans notre société sans pour autant résoudre quelque problème que ce soit puisque le nombre de chômeurs de diminue pas, bien au contraire.

Philippe W. Guillaume

www.jourjdelemploi.fr
www.emploiavenir.fr

LETTRE OUVERTE AUX CHEFS DES GRANDES ENTREPRISES.

Mesdames et Messieurs,

Nous le savons tous, la crise est là. Réellement débutée en juillet 2007, atteignant son paroxysme à l’automne 2009, elle n’est toujours pas derrière nous et les séquelles sur l’emploi sont dramatiques : 4 638 600 inscrits à Pôle Emploi, toutes catégories confondues, à la fin du mois de février 2011 en France métropolitaine + DOM.

Même si beaucoup de salariés l’ignorent, ou veulent délibérément l’ignorer, les entreprises françaises sont littéralement étranglées par les taxes et les charges en tout genre. Le coût du travail en France est trop élevé et n’est pas concurrentiel sur le marché international.

Il est également de notoriété publique que les formations des juniors sont peu ou mal adaptées aux besoins de l’entreprise, que les français n’ayant pas la culture anglo-saxonne, ont des difficultés de mobilité tant géographique que sur le plan de leur emploi, que les seniors ont du mal à s’adapter aux nouvelles technologies ainsi qu’aux nouvelles règles du marché.

Pour résumer, vous n’y êtes pour rien. Vous aussi êtes des victimes et en première ligne de surcroît.

Billevesées que tout cela ! Prétextes spécieux !

Car de leur côté, les demandeurs d’emploi et les salariés ont un certain nombre de reproches à vous faire :

Vous ne pensez qu’à faire du profit à court terme sans vous préoccuper nullement  de l’aspect humain de vos décisions. Pour vous les salariés ne sont que des chiffres sur une courbe statistique. On parle de marché du travail comme l’on parlerait de marché aux bestiaux, de masse salariale comme d’un boulet freinant vos belles envolées,

Vous n’avez jamais dégagé autant de bénéfices qu’en 2010, en pleine crise. Normal, vous confondez spéculation boursière et outil de travail, vous fermez des usines rentables juste pour augmenter le montant des dividendes et celui de votre cash flow. Vous traitez les personnes comme de simples pions sur le jeu d’échecs de la finance ou de simples cartes dans votre jeu de poker menteur.

Vous rêvez secrètement, certains vont même jusqu’à le déclarer sans vergogne, de revenir avant 1936, au temps béni où les employés étaient corvéables à merci, ne prenaient pas de vacances ou de congé maternité et étaient payés au lance-pierre. Vous ne faites d’ailleurs pas autre chose lorsque vous délocalisez en Chine ou en Inde.

Même vos DRH ne savent plus où ils travaillent. Pris entre le marteau des actionnaires et l’enclume des salariés, ils se débattent dans le marigot où vous les avez plongés pour tenter de limiter la casse.

Vous êtes devenus inhumains, méprisants, odieux, à force de confondre votre cerveau avec une calculatrice et votre cœur avec un portefeuille d’actions.

Seulement voilà : vous êtes gentiment en train de scier la branche sur laquelle vous êtes assis.

A force de perdre votre âme vous allez y perdre également tout ce qui fait actuellement votre réussite. Moins de pouvoir d’achat = moins de consommation. Moins de consommation = moins de clients. Moins de clients = moins de rentrées financières = moins d’actionnaires donc = votre chute à long terme. Mais vous vous moquez du long terme comme de votre première barboteuse. Ce qui vous anime c’est là, maintenant, tout de suite. Après vous le déluge. L’appât du gain vous aveugle. Vous ne pensez même pas à l’avenir de vos enfants ou petits-enfants. Pas le temps.

D’une certaine manière tant mieux. Car il faut espérer que vos enfants et petits-enfants seront plus raisonnables, plus humains que vous. Qu’ils ne suivront pas votre chemin et auront un peu plus de discernement. Sinon on pourra vraiment vous considérer comme des victimes, vous qui faites partie de cette caste castratrice et dévastatrice. Les victimes de bêtes sauvages assoiffées d’argent : vous-mêmes.

Alors, Mesdames et Messieurs les chefs de grandes entreprises, prenez le temps de réfléchir. Interrogez-vous et redressez vite la barre avant que votre gros navire ne se fracasse sur les récifs de la révolution sociale. Car elle couve cette révolution, y compris en Chine et en Inde, et si elle éclate vous risquez fort de devoir en payer très lourdement les conséquences. 

Et l’on ne viendra pas vous plaindre.

Philippe W. Guillaume

 www.emploiavenir.fr
www.jourjdelemploi.fr
www.senioragir.fr
www.junioragir.fr

L’emploi est-il obligatoirement synonyme de diplôme supérieur ?

Réflexion d’un jeune de vingt ans :

« Ce sont les parents qui obligent leurs enfants à suivre de longues études, sans tenir compte de leurs aspirations profondes, car ainsi, pensent-ils, ces derniers auront une meilleure vie que leurs aînés. Résultat : les jeunes sont malheureux car sans travail et sans espoir. »

Nous pouvons constater qu’en effet rien ne va plus pour beaucoup d’entre eux. Des jeunes ayant un niveau Bac+5 ou +7 se retrouvent ainsi à remplir les rayons d’un hypermarché ou à faire le ménage dans un hôtel. Pour pouvoir payer un loyer  exorbitant (950 € pour 13 m2 à Paris) et manger chichement sans espoir d’amélioration à court terme.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde au sommet de la pyramide surtout en cette période de crise.

Surestimons-nous la culture du diplôme ?
Mésestimons-nous à ce point les professions dites « manuelles » souvent indispensables à la bonne marche de notre société au point d’en être bientôt dépourvus ? D’où le recours aux travailleurs étrangers pas toujours déclarés, pas toujours qualifiés mais prêts à accepter un emploi dit ‘subalterne ».

Est-il vrai que  la société française, les politiques, les enseignants, les parents, les enfants eux-mêmes, ne veulent plus « fabriquer » qu’une élite, une sorte d’armée mexicaine où il n’y aurait plus que des « chefs »  sans se rendre compte que la société ne peut fonctionner correctement qu’en équilibre donc des « chefs » et des « subordonnés » ?

Certains pays voisins obligent ainsi les juniors et seniors demandeurs d’emploi  à accepter n’importe quel travail, quelle que soit leur qualification, pour endiguer le problème du chômage. Vous étiez directeur général ? Acceptez l’emploi de » technicien de surface » sous peine de voir vos allocations supprimées même pour une période provisoire.

La coercition est-elle la bonne solution ?

Que pensez-vous de cette mutation ?

Avez-vous des suggestions pour améliorer cette situation dantesque ?

Appel aux bénévoles

Vous avez des compétences et désirez les mettre à disposition de l’association EMPLOI AVENIR afin d’aider les demandeurs d’emploi ou les créateurs d’entreprise ?

Nous recherchons des bénévoles dans toute la France pour :

Aider les demandeurs d’emploi à rédiger leur CV ou/et leur lettre de motivation.

Lutter contre l’illetrisme, aider au perfectionnement de l’usage de la langue française

Soutenir moralement les personnes en difficulté par manque d’emploi,
les aider à reprendre confiance en eux et à sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent.

Aider les demandeurs d’emploi dans leur recherche en leur apprenant à bien employer l’outil informatique et la bonne utilisation des réseaux sociaux

Conseiller et aider les créateurs d’activité et d’emploi dans leur étude marché, leur business-plan, leurs démarches administraives, leur recherche de partenariats ou de clientèle

Aider à faire connaître l’action de l’association et passer des partenariats avec des associations et des entreprises locales ou régionales afin d’aider à la reprise de l’activité

Aider à lutter contre toute discrimination à l’embaûche qu’elle soit due au handicap, au sexe, à l’origine raciale, à la religion ou à tout autre critère discriminant

Où que vous soyez en France, quel que soit le temps libre dont vous disposez, vous pouvez être utile.

Contactez-nous :

benevolat@emploiavenir.fr